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L'Antarctique, une destination touristique chère mais de plus en plus prisée |
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LE MONDE | 16.08.03
Si Ushuaïa , en Argentine, la ville la plus au sud de la Terre, est à la mode et au programme de nombreux voyagistes, l'Antarctique reste une destination peu fréquentée. Protégé, cet univers de glace attire cependant de plus en plus de voyageurs. Dès la saison 1993-1994, 4 689 personnes avaient embarqué à Ushuaïa, sur neuf bateaux opérant 43 vacations, principalement à destination de la péninsule antarctique, un endroit libre de glace durant l'été austral et où la faune est la plus abondante. En 2000, ce sont 14 762 voyageurs qui ont abordé le continent blanc. Un chiffre toujours modeste eu égard aux grands flux du tourisme mondial. Pourtant cette croissance rapide n'est pas sans poser des problèmes, tant au niveau d'un équilibre écologique fragile qu'en termes de capacités d'accueil.
La péninsule antarctique est l'abord le plus facile et le plus fréquent des rares voyagistes qui s'y aventurent. Pour un tarif moyen de 5 600 ¤ (auquel il faut ajouter 820 ¤ à 1 040 ¤ de voyage A/R Paris-Ushuaïa), le voyagiste Grand Nord-Grand Large (GNGL, 15, rue du Cardinal-Lemoine 75005 Paris, tél. : 01-40-46-05-14, www.gngl.com) propose, seul en France, douze jours de croisière - dont deux jours aller et deux jours retour de navigation hauturière dans les eaux mouvementées du passage de Drake.
"LE SOIR ON VA SE COUCHER"
Le voyage se fait sur des bateaux scientifiques de l'ex-URSS, reconvertis en navires de plaisance. "Le confort y est sommaire mais suffisant, explique Marie Foucard, chef de produit chez GNGL. Ici, pas de dîners habillés, d'animations, ni de "repas du commandant" ; le soir on va se coucher." Des conférenciers accompagnent les passagers et, chaque jour, deux ou trois débarquements en canot pneumatique permettent des visites à terre. Celles-ci sont soigneusement réglementées afin de protéger les colonies d'animaux et une flore (mousses ou lichens) particulièrement fragile.
En 1991, sept tour-opérateurs - ils sont aujourd'hui trente-cinq, représentant dix pays - ont créé l'International Association of Antarctica Tour Operators (IAATO), qui a édicté un code de comportement. Ainsi, le nombre de visiteurs sur un même site ne doit pas excéder 100 à 400 passagers payants par voyage, un chiffre jugé encore excessif par les associations de défense de l'environnement. Sur son site Internet (www.iaato.org), l'IAATO fournit tous les renseignements nécessaires pour préparer son voyage, une initiative d'autant plus intéressante que les guides sont rares. Le plus complet est sans doute celui de Lonely Planet (Antarctica, en anglais), mais on peut aussi se procurer Terres australes, édité en français par GNGL et DMI édition.
On peut aussi naviguer en voilier : 112 touristes ont tenté l'aventure entre novembre 2000 et mars 2001. Des bateaux partent généralement d'Ushuaïa vers la péninsule avec à bord une dizaine de passagers pour une durée de quatre semaines. Ce périple demande une excellente condition physique et un c½ur bien accroché, notamment lors de la traversée du passage de Drake.
Moins éprouvante, la solution du voyage aérien est limitée. Une seule compagnie, Adventure Network International (4800 N. Federal Hwy, suite 307 D, Boca Raton, Fl 33431 USA, tél. : 00-1-866-395-6664), emmène ses passagers depuis Punta Arenas, au Chili, jusqu'à son camp de base de Patriot Hills, à bord d'un Illiouchine 76. Les voyages sont à la carte, deux Twin Otters et un Cessna 185 permettant ensuite une large gamme de visites (au pôle Sud notamment) ainsi que des survols.
Plus loin que la péninsule, la mer de Ross est parcourue à bord de brise-glace, eux aussi d'origine soviétique. Le départ se fait de Hobart, en Tasmanie, ou depuis la Nouvelle-Zélande. Pendant le prochain été austral, le Kapitan Khlebnikov emmènera des passagers qui devront débourser 13 000 dollars (environ 12 000 ¤ , hors acheminement depuis Paris). Il embarque un hélicoptère qui permet visites et survols à ses passagers.
En 2004, pour célébrer le centenaire de l'hivernage du commandant Charcot, GNGL a affrété un navire entier pour un voyage auquel devraient participer 70 francophones. "Nos clients sont de tous âges et de toute origine sociale", assure Marie Foucard lorsque l'on fait valoir les tarifs élevés des croisières antarctiques. Il est vrai que le déplacement vaut la dépense. Péninsule antarctique ou mer de Ross, c'est un "autre univers" qui attend le voyageur, "comme si les sommets alpins tombaient dans la mer".
Marc Coutty
Ecrire au webmasterDernière mise à jour : 27 novembre 2011
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